Critique
Titre original : The Stepfather
Le Beau-père - The Stepfather
Le Beau-père, en 2009, remake du thriller des années 1980, met en scène un adolescent soupçonneux face au nouveau compagnon apparemment parfait de sa mère. Nelson McCormick dirige Dylan Walsh, Sela Ward, Penn Badgley, Amber Heard et Jon Tenney dans un film accueilli comme un produit de studio sans imagination. Et pourtant, cette sobriété fonctionne plutôt bien. Dylan Walsh, surtout, comprend admirablement le personnage : trop lisse, trop courtois, trop méthodique. Son jeu repose précisément sur cet excès de normalité, ce qui le rend plus inquiétant qu’un méchant démonstratif. Penn Badgley, avant You, apporte un mélange de défiance et de fatigue très juste. McCormick, loin des éclats d’auteur, choisit une ligne nette, presque utilitaire, et cette absence d’affectation est une qualité.
En 2009, la pandémie de grippe H1N1 remet au premier plan la peur d’une menace qui s’infiltre dans l’espace domestique sous des apparences banales. Le film travaille exactement ce type d’angoisse : non pas le monstre spectaculaire, mais la contamination de la cellule familiale par un élément parfaitement intégré à son décor.
On lui a reproché sa retenue ; c’est peut-être sa meilleure arme. Le film préfère installer un inconfort progressif plutôt que surligner sa méchanceté. Cette pudeur relative lui donne une efficacité presque old school, plus rare qu’on ne le croit dans le thriller américain de cette période.
🎬 Le saviez-vous ?
une cafetière de décor aurait dû être remplacée après avoir commencé à siffler de manière menaçante dès que Dylan Walsh entrait dans la cuisine, au point qu’un électricien a demandé une bénédiction préventive.