Critique
Titre original : Grown Ups
Copains pour toujours
Copains pour toujours, en 2010, réunit Adam Sandler, Kevin James, Chris Rock, David Spade, Rob Schneider et Salma Hayek autour d’un deuil, d’un lac, de vannes de vestiaire et d’un week-end prolongé en guise de philosophie. Le film a été méprisé comme symbole ultime du relâchement comique. C’est méconnaître la cohérence de son projet : filmer une bande d’adultes qui se comportent comme s’ils n’avaient jamais signé la moindre paix avec la maturité. Sandler pratique ici une nonchalance très contrôlée ; Chris Rock apporte un rythme que la mise en scène utilise intelligemment ; Kevin James reste, comme souvent, meilleur dès qu’il accepte d’être une masse inquiète. Dennis Dugan sait exactement ce qu’il fabrique : non pas une comédie sophistiquée, mais une colonie de vacances pour ego comiques.
Le contexte de 2010 donne au film une couleur presque thérapeutique. Après la crise financière et au moment où de nombreuses sociétés occidentales se remettent laborieusement en ordre de bataille, Grown Ups propose l’inverse absolu : le refus joyeux de l’optimisation. C’est un film sur des hommes qui ne deviennent pas meilleurs, seulement plus bruyants. Cette absence d’élévation est parfois reposante.
Le résultat n’a rien d’élégant, bien sûr. Mais il avance avec une franchise que bien des comédies “malignes” n’osent plus. Il ne veut pas convaincre les critiques. Il veut provoquer un rire bas, immédiat, complice. C’est un objectif limité ; il le remplit sans tricher.
🎬 Le saviez-vous ?
un beignet de craft service aurait été élu “membre honoraire du cast” après avoir survécu à quatre improvisations et à une chute dans un seau à glaçons.