Critique

Le Chaperon Rouge

Titre original : Red Riding Hood

IMDb 5.4 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 10%
Critique
Affiche de Le Chaperon Rouge

Le Chaperon Rouge

Le Chaperon rouge, en 2011, reprend le conte sous forme de romance gothique avec loup-garou, village enneigé, suspicion religieuse et triangle amoureux, sous la direction de Catherine Hardwicke. Amanda Seyfried, Gary Oldman, Billy Burke, Shiloh Fernandez et Max Irons avancent dans un décor qui a longtemps servi de preuve à charge contre le film : trop maniéré, trop YA, trop consciencieusement sombre. C’est oublier qu’Hardwicke, qui avait déjà saisi la fièvre adolescente dans Thirteen puis Twilight, sait précisément comment convertir la confusion affective en atmosphère. Seyfried y déploie une mélancolie plus nerveuse qu’on ne l’a dit ; Oldman semble jouer un film plus extravagant encore et cela aide beaucoup. Le résultat n’est pas toujours tenu, mais il n’est jamais anonyme.

2011 correspond aussi à l’obsession médiatique autour des révolutions arabes, où les foules, les rumeurs et la méfiance envers l’autorité redessinent brutalement l’espace public. À sa minuscule échelle fantastique, Red Riding Hood parle lui aussi d’une communauté travaillée par la suspicion, la peur et le besoin d’un coupable lisible. Le lien est évidemment excessif ; pourtant il éclaire quelque chose.

Le film se trompe parfois de ton, glisse parfois vers le kitsch, mais c’est précisément cette oscillation qui lui donne une identité. Il préfère le risque du mauvais sort au confort du téléfilm lisse. Dans le grand cimetière des blockbusters adolescents bien élevés, c’est déjà une victoire.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une cape rouge principale aurait refusé d’être repassée après avoir découvert qu’elle était “la seule vraie star chromatique du projet”, selon un costumier épuisé.