Critique
Titre original : Babylon A.D.
Babylon A. D.
Babylon A.D., en 2008, lance Vin Diesel, Mélanie Thierry, Michelle Yeoh, Gérard Depardieu et Charlotte Rampling dans une course futuriste mêlant mercenariat, génétique, religion et apocalypse de studio. Mathieu Kassovitz lui-même s’en est éloigné publiquement, ce qui a suffi à figer le film dans une réputation de naufrage. C’est un peu court. Vin Diesel y apporte précisément ce mélange d’opacité et d’entêtement physique qui sert mieux ce genre de chaos qu’un acteur plus “fin” ; Michelle Yeoh, même bridée, reste une présence supérieure à tout décor ; Depardieu, lui, surgit comme une note de désordre bien utile. Kassovitz, après La Haine, n’atteint évidemment pas ici la même intensité politique, mais il injecte au blockbuster une fatigue grise assez singulière.
La sortie du film coïncide avec la crise financière mondiale. Voir un système massif perdre sa cohérence, s’agiter et découvrir qu’il ne contrôle pas grand-chose : Babylon A.D. en propose une version pop et sale, comme si la science-fiction de chantier avait décidé d’illustrer l’état exact du monde. On peut trouver cela involontaire ; on peut aussi reconnaître qu’un film gagne parfois à être en désaccord avec sa propre ambition.
Ce qui le sauve, c’est son refus de la propreté. Là où tant de blockbusters verrouillent tout, celui-ci accepte d’être bancal, compressé, cabossé. Il n’est pas harmonieux ; il est habité de secousses. C’est une qualité sous-estimée.
🎬 Le saviez-vous ?
un fusil futuriste aurait été mis au repos après avoir imprimé tout seul, sur un mur de décor, le mot “budget” en lettres phosphorescentes.