Critique

Players

Titre original : Runner Runner

IMDb 5.6 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 8%
Critique
Affiche de Players

Players

Players, ou Runner Runner, en 2013, met en présence Justin Timberlake, Ben Affleck, Gemma Arterton et Anthony Mackie dans une histoire de poker en ligne, d’arnaque tropicale et de mentorat véreux. Le film a été accueilli comme un thriller d’appoint, trop lisse, trop paresseux, trop conscient de son allure. On pourrait au contraire lui reconnaître une vertu rare : il filme sans honte un capitalisme de casino où tout le monde a l’air de comprendre le piège et d’y entrer quand même. Timberlake, limité mais nerveux, fonctionne étonnamment bien dans ce registre du jeune homme qui confond intelligence et vitesse ; Affleck, alourdi, fait de sa lenteur même un signe de pouvoir ; Arterton apporte une élégance qui donne à l’ensemble un surplus de relief.

2013 est aussi l’année des révélations Snowden. Le monde découvre alors à grande échelle l’économie cachée de la donnée, du contrôle et des infrastructures invisibles. Runner Runner travaille une version plus vulgaire de cette même logique : des transactions opaques, des réseaux opaques, des interfaces séduisantes qui masquent des rapports de force brutaux. Le film n’analyse pas ; il expose avec un cynisme de brochure offshore.

Ce n’est pas un grand thriller, mais c’est un petit film assez lucide sur la marchandisation du risque. Sa superficialité est moins un défaut qu’un matériau. Après tout, un monde fondé sur le bluff mérite peut-être un film qui a l’élégance de ne pas cacher ses cartes trop vite.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un jeton de casino géant aurait disparu pendant une nuit avant d’être retrouvé dans la poche d’un ventilateur, soupçonné d’avoir voulu “prendre sa part du suspense”.