Critique
Titre original : Bride Wars
Meilleures ennemies
Meilleures ennemies, en 2009, transforme un double mariage contrarié en guerre de prestige amical entre Kate Hudson et Anne Hathaway, épaulées par Chris Pratt, Candice Bergen et Kristen Johnston. Le film a subi le traitement classique réservé aux comédies féminines qui osent être acides : on les taxe de futilité comme si la rivalité sociale n’était pas un sujet noble dès lors qu’elle implique des fleurs, des robes et une salle de réception. Hudson et Hathaway, précisément parce qu’elles jouent contre l’image de la meilleure amie idéale, donnent au film une méchanceté assez saine ; Gary Winick, réalisateur de 13 Going on 30, comprend que la comédie de mariage est surtout un terrain de massacre poli.
L’année 2009 est marquée par l’arrivée mondiale de la grippe H1N1, qui fait ressurgir peurs de contamination, gestes barrières et psychoses domestiques. Bride Wars, à sa façon, parle aussi de contamination : celle du ressentiment dans les relations les plus codifiées socialement. Le parallèle est absurde, mais il fonctionne mieux qu’il ne devrait.
Le film n’a rien d’un manifeste, et c’est tant mieux. Il se contente d’observer comment des conventions supposées heureuses deviennent des machines de classement, de compétition et de jalousie. Sous ses couleurs de magazine glacé, il est moins niais que beaucoup de ses détracteurs, et surtout plus cruel. Cela mérite une petite réhabilitation.
🎬 Le saviez-vous ?
un bouquet d’essai aurait été renvoyé de la décoration après avoir pris parti trop bruyamment pour Anne Hathaway dans une dispute de loge.