Elektra
Elektra, en 2005, tente de faire exister seule l’assassine de Daredevil sous les traits de Jennifer Garner, avec Goran Višnjić, Kirsten Prout, Terence Stamp et Cary-Hiroyuki Tagawa, sous la direction de Rob Bowman. Le film a été traité comme une faute de goût super-héroïque avant l’âge de raison des franchises. C’est précisément ce qui le rend attachant aujourd’hui. Jennifer Garner, souvent plus convaincante dans l’action que les scénarios ne le lui permettent, donne au personnage une gravité parfois minimaliste, mais jamais cynique ; Terence Stamp apporte à lui seul une forme de décadence distinguée ; Bowman, vétéran de The X-Files, filme le tout comme un comic mélancolique perdu entre plusieurs époques.
2005 voit naître YouTube, c’est-à-dire l’un des grands accélérateurs mondiaux de l’extrait, du fragment et du culte secondaire. Elektra appartient exactement à cette catégorie : film qu’on ne regarde peut-être plus comme un tout, mais qui survit par ambiances, silhouettes, gestes, couleurs. L’histoire n’était pas encore prête à lui offrir cette seconde vie numérique.
Le résultat est inégal, bien sûr, parfois trop sage, parfois trop brumeux. Mais cette hésitation même lui donne une singularité que les franchises ultérieures, si bien calibrées, ont souvent perdue. Elektra ne gagne pas toujours ; elle ose au moins être bizarrement seule.
🎬 Le saviez-vous ?
une paire de sai d’accessoire aurait été mise dans des housses capitonnées après avoir commencé à se croiser toute seule en signe de protestation esthétique.