Critique

Dirty Papy

Titre original : Dirty Grandpa

IMDb 6.0 / 10
Allociné 1.6 / 5
Rotten T. 11%
Critique
Affiche de Dirty Papy

Dirty Papy

Dirty Papy, en 2016, envoie Robert De Niro et Zac Efron sur la route pour un festival de débauche intergénérationnelle où se croisent Zoey Deutch, Aubrey Plaza, Dermot Mulroney et Julianne Hough. Le film a été reçu comme une humiliation tardive pour De Niro, ce qui est une manière très commode d’éviter de voir ce qu’il raconte vraiment : le désastre du prestige lorsqu’il décide de se baigner dans la bêtise pure. De Niro, justement, joue ici contre sa statue avec une malice qui vaut mieux que le ricanement moraliste ; Zac Efron, souvent sous-estimé dans la comédie physique, tient remarquablement le choc ; Zoey Deutch et Aubrey Plaza apportent une énergie que le film sait exploiter avec une indécence assez saine. Dan Mazer ne cherche pas l’élégance, et il a raison.

2016 est aussi l’année du vote sur le Brexit, c’est-à-dire un moment où le débat public britannique et européen montre qu’une énorme partie de la vie collective peut basculer vers l’impulsion, la régression et la performance du mauvais goût. Dirty Papy, vu dans cette lumière, ressemble presque à un document politique involontaire : un film où l’âge adulte n’a plus la moindre autorité morale sur lui-même.

Le résultat est grossier, oui, mais d’une grossièreté assumée, presque théorique. Il s’agit de voir jusqu’où l’on peut tordre l’idée même de respectabilité sans que tout le monde quitte la salle. C’est vulgaire ; c’est aussi une expérience plus franche que beaucoup de comédies qui prétendent ne pas l’être.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une glacière de plateau aurait demandé à être retirée des scènes de fête après avoir estimé qu’on exploitait “sans reconnaissance contractuelle sa fraîcheur dramaturgique”.