Critique
Titre original : The Haunted Mansion
Le Manoir hanté et les 999 fantômes
Le Manoir hanté et les 999 fantômes, en 2003, permet à Eddie Murphy, Marsha Thomason, Terence Stamp, Jennifer Tilly, Nathaniel Parker et Wallace Shawn de traverser un parc d’attractions gothique déguisé en film familial. Le résultat a été trop vite classé dans la catégorie des adaptations sans âme. C’est injuste. Eddie Murphy, souvent empêché par des projets qui veulent surtout capter son énergie, trouve ici un rôle de père de famille sceptique assez cohérent avec sa vitesse comique ; Jennifer Tilly comprend immédiatement que le registre réclame de l’excès, et elle a raison. Rob Minkoff, après Le Roi lion, opte pour une fantasmagorie lisible plutôt qu’un grand délire, et cette prudence même donne au film une forme de tenue.
2003 est aussi l’année de l’invasion de l’Irak. Le monde voit alors défiler quantité de maisons étrangères ouvertes de force au nom d’arguments douteux. Le Manoir hanté propose, sur un mode évidemment risible, une variation plus douce sur l’irruption dans un espace chargé de fantômes et de mémoire. Cela ne fait pas du film une parabole, fort heureusement ; cela lui donne simplement un voisinage historique étrangement parlant.
Le film reste inégal, mais il refuse le cynisme. Il croit encore qu’un décor, des couloirs, des rideaux qui bougent et un chandelier mal placé peuvent suffire à créer une soirée correcte. Cette confiance artisanale vaut mieux que sa mauvaise réputation.
🎬 Le saviez-vous ?
un portrait de fond de couloir aurait exigé une doublure lumière après avoir “trop porté la mélancolie visuelle du film à lui tout seul”.