Critique

Æon Flux

Titre original : Aeon Flux

IMDb 5.5 / 10
Allociné 2.0 / 5
Rotten T. 9%
Critique
Affiche de Æon Flux

Æon Flux

Æon Flux, en 2005, envoie Charlize Theron dans un futur aseptisé de complot biopolitique, de corps disciplinés et de saut acrobatique, sous la direction de Karyn Kusama, avec Marton Csokas, Frances McDormand, Pete Postlethwaite et Sophie Okonedo. Le film a été traité comme une adaptation ratée, trahissant autant la série animée que la promesse d’un grand SF stylisé. Peut-être. Mais cette trahison produit aussi un objet très particulier. Charlize Theron, qu’on sait capable d’une présence physique et mentale bien plus subtile, apporte ici une dureté élégante qui tient l’écran même quand le script vacille ; Kusama, après Girlfight et avant Jennifer’s Body, essaie au moins de faire exister une surface politique dans le blockbuster, ce qui n’est pas rien.

Le contexte de 2005 ajoute un relief discret. L’année voit notamment le rejet du traité constitutionnel européen par référendum en France et aux Pays-Bas, signe d’un malaise profond envers les systèmes trop lisses, trop centralisés, trop abstraits. Æon Flux parle justement d’un ordre parfait qui ne tient qu’en muselant la vie. La correspondance est moins absurde qu’elle en a l’air.

Le film ne réussit pas tout, loin de là. Mais son malaise, sa froideur, son désir d’abstraction lui donnent une texture plus intrigante que celle des simples ratages anonymes. On y sent une tentative sérieuse de stylisation, et les tentatives sérieuses ont droit à une défense, surtout quand elles échouent d’une manière aussi singulière.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une paire de bottes futuristes aurait refusé de participer à une scène de combat après avoir appris que leur angle de profil serait “moins iconique que prévu”.