Point Break
Point Break, version 2015, reprend l’idée du policier infiltré parmi des casse-cou pseudo-mystiques, avec Edgar Ramírez, Luke Bracey, Teresa Palmer, Delroy Lindo et Ray Winstone sous la direction d’Ericson Core. Il a été jugé à l’aune du film de Kathryn Bigelow, ce qui était la manière la plus sûre de le perdre avant même de l’avoir regardé. Vu autrement, il propose quelque chose de plus étrange : un cinéma d’action où l’exploit sportif tente de remplacer la psychologie. Luke Bracey n’a pas le magnétisme brut de Keanu Reeves, c’est entendu ; Edgar Ramírez, lui, apporte à Bodhi une gravité presque spirituelle qui rend le projet plus singulier qu’on ne l’a dit. Core filme les corps dans l’air, l’eau, la roche comme si le monde entier n’était plus qu’une rampe de lancement.
2015 est aussi l’année de l’accord de Paris sur le climat. Le monde politique y cherche une voie difficile pour penser notre rapport aux éléments ; Point Break, sans subtilité aucune, décide de les adorer frontalement. Le film ne réfléchit pas, il se jette dans la montagne, il plonge, il chute, il vénère. Cette bêtise physique a parfois quelque chose de presque pur.
On peut regretter l’absence d’humidité humaine, de trouble, de vrai lien entre les personnages. Mais on aurait tort de réduire le film à cela. Il tente de convertir l’action en rite païen du dépassement, et cette tentative, même maladroite, reste plus excitante que bien des remakes parfaitement inoffensifs.
🎬 Le saviez-vous ?
une combinaison de wingsuit aurait demandé à changer de cascadeur en plein milieu d’une répétition, jugeant le précédent “insuffisamment mystique pour l’altitude morale du projet”.