Critique

Sortilège

Titre original : Beastly

IMDb 5.6 / 10
Allociné 1.4 / 5
Rotten T. 21%
Critique
Affiche de Sortilège

Sortilège

Beastly, en 2011, transpose La Belle et la Bête dans un lycée new-yorkais de magazine, avec Alex Pettyfer en beau gosse transformé en créature tatouée, Vanessa Hudgens en contrepoint sensible et Mary-Kate Olsen en sorcière cabossée. Le film a subi le sort réservé aux romances YA qui osent leur propre ridicule : moqué, disqualifié, rangé avec les objets trop maquillés pour être pris au sérieux. C’est un peu sommaire. Alex Pettyfer, certes limité, a pourtant ici l’utilité exacte d’une star fabriquée qu’on oblige à traverser sa propre surface ; Hudgens apporte une franchise plus douce ; Mary-Kate Olsen, surtout, comprend qu’il faut jouer tout cela comme si le conte avait traversé un salon de coiffure gothique, et elle a raison. Daniel Barnz ne filme pas avec ironie, ce qui est une forme de courage.

2011 est l’année des révolutions arabes, où la question de l’apparence des pouvoirs, de la jeunesse et du dévoilement soudain des faux-semblants envahit les écrans du monde entier. Beastly, à sa minuscule échelle sentimentale, travaille lui aussi une logique du masque tombé : sous le visage parfait se cache autre chose, et ce “autre chose” devient le vrai terrain narratif. Le parallèle est absurde, bien sûr, mais il donne une petite noblesse imprévue au film.

Ce qui sauve Beastly, c’est précisément son excès décoratif. Il ne fait jamais semblant d’être plus malin qu’il n’est. Il avance comme un conte adolescent surchargé de signes, et cette surcharge même lui donne une personnalité. Beaucoup d’œuvres plus “adultes” sont moins conscientes de leur propre facticité.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pot de fond de teint correcteur aurait été placé dans un sac plombé après avoir tenté de “réparer le symbolisme” du personnage principal entre deux scènes.