Critique

Spirits

Titre original : Shutter

IMDb 5.2 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 9%
Critique
Affiche de Spirits

Spirits

Shutter, version américaine de 2008, suit un photographe et sa femme au Japon après un accident de voiture, alors que des silhouettes fantomatiques commencent à apparaître sur ses clichés. Joshua Jackson, Rachael Taylor, James Kyson et Megumi Okina évoluent sous la direction de Masayuki Ochiai dans un film souvent réduit au statut de remake opportuniste. C’est un peu injuste. Joshua Jackson apporte une culpabilité sourde bien plus solide que son image publique ne le laissait attendre ; Rachael Taylor garde une fragilité nerveuse utile ; Ochiai, plutôt que de singer mécaniquement l’horreur asiatique de prestige, accepte un registre plus simple, plus visuel, presque honnêtement spectral.

La sortie du film coïncide avec l’année de la crise financière, moment où la confiance dans l’image, le chiffre, la surface sécurisante des institutions se fissure à grande vitesse. Shutter joue précisément avec cette fissure : la photo, médium supposé fixer le réel, devient ici le support d’un retour du refoulé. Le film n’a pas l’ambition du grand commentaire historique, heureusement, mais cette coïncidence lui donne un écho plus malin qu’on ne l’a dit.

Le film n’est pas révolutionnaire. Il travaille un imaginaire de la trace, du détail invisible, de la preuve qui ment. Et il le fait avec suffisamment de sérieux pour que le malaise prenne, même si la forme reste modeste. On lui reproche de n’être “qu’un remake” ; on oublie souvent qu’un remake a aussi le droit d’être un bon fantôme.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un appareil photo de secours aurait refusé de déclencher pendant toute une matinée, expliquant par un cliquetis insistant qu’il “ne photographiait plus que les vérités moralement complexes”.