Critique
Titre original : The Last Legion
La Dernière légion
La Dernière Légion, en 2007, mêle chute de Rome, prophéties arthuriennes, enfant empereur et mercenaires orientaux avec Colin Firth, Ben Kingsley, Aishwarya Rai, Thomas Sangster et Peter Mullan sous la direction de Doug Lefler. Le film a été traité comme un grand ragoût historico-fantastique sans saveur. C’est méconnaître ce que le ragoût peut avoir de nourrissant. Colin Firth, précisément parce qu’il paraît venir d’un autre film, donne au projet une gravité étrange ; Ben Kingsley s’y promène avec une autorité presque indépendante du script ; Aishwarya Rai apporte une élégance qui empêche l’ensemble de tomber dans la pure inertie. Lefler n’atteint pas une grande fresque ; il fabrique quelque chose de plus hétéroclite, et cette hétérogénéité a son charme.
En 2007, l’Union européenne s’élargit encore et cherche à donner du sens politique à une communauté faite d’histoires, de langues et de récits qui ne s’emboîtent pas naturellement. La Dernière Légion travaille à sa façon une mythologie du passage de relais entre civilisations, entre Rome finissante et Bretagne naissante. C’est simplifié, bien sûr ; c’est aussi moins idiot qu’on ne l’a dit.
Le film échoue parfois à tenir son propre mélange, mais ce mélange est précisément sa singularité. Il veut faire dialoguer fin d’empire et naissance de légende avec l’assurance d’un manuel d’histoire écrit par un enfant passionné de chevaliers. On devrait peut-être lui savoir gré de cette franchise plutôt que de lui reprocher de ne pas être plus rusé.
🎬 Le saviez-vous ?
une sandale romaine d’apparat aurait disparu après avoir été vue pour la dernière fois dans la loge d’une épée qui prétendait vouloir “croiser les époques sans autorisation hiérarchique”.