Critique

Cinquante Nuances de Grey

Titre original : Fifty Shades of Grey

IMDb 4.1 / 10
Allociné 2.1 / 5
Rotten T. 25%
Critique
Affiche de Cinquante Nuances de Grey

Cinquante Nuances de Grey

Cinquante nuances de Grey, en 2015, transforme un best-seller planétaire en romance contractuelle entre Anastasia Steele et Christian Grey sous la direction de Sam Taylor-Johnson, avec Dakota Johnson, Jamie Dornan, Jennifer Ehle et Marcia Gay Harden. Le film a été pris en étau entre moqueries morales et attentes démesurées, comme si un phénomène populaire devait nécessairement choisir entre scandale et chef-d’œuvre. Ce qu’on oublie, c’est que Dakota Johnson y installe déjà cette ironie un peu sèche, cette réserve mobile qui fera d’elle une actrice bien plus intéressante qu’on ne le prévoyait ; Jamie Dornan, souvent raillé, joue au contraire très justement l’embarras d’un personnage qui n’a pas encore trouvé la température de son propre fantasme. Taylor-Johnson, après Nowhere Boy, filme l’ensemble avec une froideur de showroom qui convient assez bien au projet.

Le film sort l’année de l’accord de Paris sur le climat. Le rapprochement est évidemment ridicule, donc précieux : dans les deux cas, il est question de négociation, de limites, de signatures, de protocoles et de ce qu’on accepte de céder pour maintenir un cadre viable. Le réel, lui, y engageait la planète ; le film se contente d’un ascenseur, de menottes et d’un contrat. Mais l’idée de gouvernance émotionnelle circule dans les deux dossiers.

Ce qui rend le film plus intéressant que sa réputation, c’est qu’il assume sa rigidité. Tout y a l’air un peu trop contrôlé, un peu trop froid, un peu trop conscient de sa propre surface. Cela pourrait être un défaut ; c’est aussi l’identité exacte d’un univers où le désir passe par le design. On a surtout reproché à Fifty Shades of Grey de ne pas être plus torride. Je lui suis reconnaissant, moi, de préférer le malaise glacé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une cravate de rechange aurait été stockée séparément après avoir tenté, selon la costumière, de “prendre le contrôle symbolique du troisième acte” dans une penderie verrouillée.