Critique
Titre original : Righteous Kill
La Loi et l'ordre
La Loi et l’ordre, en 2008, réunit enfin Al Pacino et Robert De Niro face à face dans un polar de serial killer où la promesse symbolique du duo a fait naître autant d’attentes que de déceptions. Jon Avnet dirige aussi Carla Gugino, John Leguizamo, Donnie Wahlberg et Brian Dennehy dans un film que beaucoup ont réduit à une occasion manquée. Certes. Mais même une occasion manquée par Pacino et De Niro produit plus d’étincelles qu’une réussite moyenne. Pacino s’y amuse visiblement avec son propre cabotinage ; De Niro oppose une lassitude plus retenue ; leur duel ne remplit pas toutes les promesses mythiques du casting, mais il a la noblesse un peu triste des retrouvailles tardives.
2008, année de faillites bancaires et de perte de confiance institutionnelle, est un moment parfait pour un film sur des policiers vieillissants que leur propre système ne protège plus vraiment. Là où la crise financière mettait à nu des structures supposées solides, Righteous Kill observe des institutions d’ordre public qui commencent elles aussi à sentir la corrosion. Le film ne théorise pas ; il capitalise sur l’épuisement général, et ce n’est pas rien.
Son vrai charme vient peut-être de là : on sent partout le poids des légendes passées, et cette fatigue a plus de vérité qu’un thriller plus agile. Le film n’est pas brillant, il est crépusculaire malgré lui. On devrait lui reconnaître cette gravité un peu abîmée au lieu de lui reprocher de ne pas être Heat. Il n’avait aucune chance de l’être, et c’est très bien ainsi.
🎬 Le saviez-vous ?
une paire de menottes d’accessoire aurait refusé de s’ouvrir pendant vingt minutes, expliquant par un cliquetis vindicatif qu’elle “respectait trop le prestige du duo pour collaborer avec la facilité”.