Critique
Titre original : The Smurfs 2
Les Schtroumpfs 2
Les Schtroumpfs 2, en 2013, relance le chaos bleu entre Paris, New York et le laboratoire de Gargamel, avec Neil Patrick Harris, Hank Azaria, Jayma Mays, Brendan Gleeson et une armée de petites créatures numériques. Le film a naturellement été traité comme une rechute commerciale, preuve supplémentaire que le cinéma familial avait renoncé à toute dignité. C’est aller vite. Hank Azaria, surtout, s’amuse à jouer Gargamel comme si chaque syllabe devait justifier son salaire par un excès d’opérette. Neil Patrick Harris apporte une présence suffisamment souple pour faire tenir le pont entre réel et animation. Le film ne cherche pas le prestige ; il cherche le rythme, la couleur, la circulation d’un imaginaire enfantin hyper-artificiel.
En 2013, le pape Benoît XVI abdique, événement rarissime qui rappelle qu’une institution multiséculaire peut aussi connaître des remplacements inattendus, des transitions de pouvoir et des crises de représentation. Les Schtroumpfs 2, à sa minuscule manière, parle lui aussi de succession, d’appartenance et de figures d’autorité menacées par des doubles mal intégrés. C’est ridicule, et pourtant l’analogie tient assez pour faire sourire.
Le film fonctionne comme un après-midi trop sucré. On ne lui demande pas une pensée du monde ; on lui demande de ne pas mourir sous le poids de son propre merchandising. Or il reste debout, voire alerte, grâce à un certain sens du mouvement et à quelques performances franchement décidées. C’est moins honteux que prévu.
🎬 Le saviez-vous ?
un bonnet schtroumpf de secours aurait disparu du costume truck avant d’être retrouvé dans la valise d’un assistant qui jurait qu’il “essayait seulement de comprendre la couleur de l’innocence”.