Critique
Titre original : The Mortal Instruments: City of Bones
The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres
The Mortal Instruments: La Cité des ténèbres, en 2013, ouvre une saga avortée de démons, de runes, de chasseurs d’ombres et d’adolescence hérissée de secrets, avec Lily Collins, Jamie Campbell Bower, Robert Sheehan, Lena Headey, Jonathan Rhys Meyers et Kevin Zegers sous la direction de Harald Zwart. Le film a été perçu comme un produit YA arrivé trop tard. C’est oublier qu’il possède un sens très particulier du sérieux fantasmatique. Lily Collins y apporte une ténacité plus nette qu’on ne l’a dit ; Jamie Campbell Bower joue la fragilité hiératique avec une constance presque admirable ; Robert Sheehan injecte l’indiscipline nécessaire. Le monde visuel, chargé de signes, de tatouages et de sous-sols gothiques, a au moins le mérite de vouloir exister sans demander l’autorisation à la mode du réalisme.
2013 voit l’accord sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien, tentative diplomatique de contenir des forces jugées incontrôlables. La Cité des ténèbres ne parle évidemment pas de géopolitique ; elle parle pourtant elle aussi de portails, d’armes, d’ordres secrets, de catégories dangereuses qu’il faut surveiller. Ce voisinage historique dit quelque chose de notre appétit collectif pour les systèmes cachés et les hiérarchies invisibles.
Le film est trop, souvent. Trop sérieux, trop maquillé, trop désireux de lancer un univers. Mais ce trop-plein est aussi ce qui le sauve de l’oubli plat. On préfère encore une œuvre qui se perd dans sa propre mythologie à un produit qui n’ose aucun emballement. Son échec est chargé ; c’est mieux qu’être vide.
🎬 Le saviez-vous ?
une rune phosphorescente de répétition aurait été déplacée sous clé après avoir brillé toute seule en formant, selon trois témoins, le mot “franchise” au plafond de la régie.