Sex and the City 2
Sex and the City 2, en 2010, embarque Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda dans une échappée à Abu Dhabi où le luxe, la crise conjugale et le fantasme d’évasion se disputent l’écran. Michael Patrick King retrouve Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Kristin Davis et Cynthia Nixon avec une confiance si absolue dans la valeur culturelle de cette bande qu’elle en devient presque touchante. Le film a été broyé pour sa vulgarité touristique, son accumulation de privilèges et son manque de mesure. Très bien. Mais il y a précisément dans cette démesure une sincérité rare : le film ne prétend pas être autre chose qu’un espace de fantasme capitaliste et amical porté jusqu’au point de rupture. Kim Cattrall, en particulier, joue la pulsion sans pardon ; Cynthia Nixon garde une précision plus mordante ; Parker elle-même semble savoir que le personnage est devenu à la fois icône et parodie.
2010 est l’année où Dubaï sort à peine de la crise financière qui a mis en lumière la fragilité spectaculaire des mirages de richesse du Golfe. Sex and the City 2 arrive alors dans un paysage où l’opulence n’est déjà plus innocente, ce qui donne à son excès une saveur presque documentaire : derrière les robes, les suites et les brunchs existe le vacillement d’un modèle. Le film n’en tire aucune analyse, Dieu merci ; il se contente de le traverser avec des talons.
On a reproché au film de tout faire trop. C’est précisément ce qui le rend fascinant. Il pousse la marque jusqu’à l’autocaricature, et l’autocaricature est parfois la forme la plus honnête du succès tardif. Là où beaucoup de suites font semblant d’avoir un supplément d’âme, celle-ci préfère l’ivresse du trop-plein. C’est critiquable ; c’est aussi mémorable.
🎬 Le saviez-vous ?
une paire de stilettos aurait été enfermée dans une mallette capitonnée après avoir tenté de “prendre seule le contrôle narratif d’une séquence de brunch”.