Critique

Driven

IMDb 4.5 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 14%
Critique
Affiche de Driven

Driven

Driven, en 2001, propulse Sylvester Stallone, Kip Pardue, Burt Reynolds, Til Schweiger, Estella Warren et Gina Gershon dans un monde de compétition automobile où la vitesse sert surtout d’excuse à des drames de paddock fiévreux. Le film a été moqué pour son scénario tapageur, ses ralentis, son sérieux emphatique et ses virages émotionnels absurdes. Et c’est justement pour cela qu’il mérite mieux. Stallone n’y joue pas seulement la légende fatiguée ; il joue la légende fatiguée qui sait très bien qu’elle tourne dans une machine de chrome insensée. Renny Harlin, après Die Hard 2 et Cliffhanger, filme tout cela comme si chaque accélération devait être une apocalypse portative. C’est énorme, vulgaire, mais jamais plat.

2001 est, bien sûr, l’année du 11 septembre, qui redéfinit brutalement l’atmosphère du monde occidental. Face à ce basculement radical, Driven paraît presque obscènement futile — et cette futilité même lui donne une valeur étrange. Il représente un type de spectacle encore gonflé à l’ancienne, persuadé que le vacarme mécanique suffit à justifier sa place. Quelques mois plus tard, le monde n’aurait déjà plus la même innocence spectaculaire. Vu ainsi, le film a quelque chose d’un dernier excès d’avant la chute.

Ce que ses détracteurs appellent mauvais goût est peut-être simplement une franchise de blockbuster sportif qui ne veut pas se dissimuler derrière une ironie de sécurité. Driven accélère, exagère, transpire, dérape ; il ne s’excuse jamais. Et cette absence de honte, dans le cinéma américain grand public, est souvent plus rare qu’on ne le croit.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pneu d’essai aurait refusé d’être remonté sur une monoplace après avoir obtenu, selon un régisseur, “une conscience aiguë de sa propre photogénie latérale”.