Critique
Titre original : The Number 23
Le Nombre 23
Le Nombre 23, en 2007, entraîne Jim Carrey dans une obsession numérique où un livre semble refléter sa vie jusqu’à lui faire croire que tout converge vers le même chiffre maléfique. Joel Schumacher dirige aussi Virginia Madsen, Logan Lerman, Danny Huston et Rhona Mitra dans un thriller psychologique que beaucoup ont jugé ridicule. C’est lui faire peu de crédit. Jim Carrey, justement parce qu’il vient d’un registre d’exubérance comique, apporte ici une nervosité contenue assez fascinante ; Virginia Madsen apporte une stabilité utile ; Schumacher, après Phone Booth ou Tigerland, se laisse aller à un film de surfaces, de signes, d’indice partout, ce qui est peut-être la bonne manière de filmer une paranoïa arithmétique.
L’année 2007 voit l’iPhone faire son apparition et inaugurer un monde où les chiffres, les interfaces, les codes et les notifications commencent à coloniser plus franchement le quotidien. Le Nombre 23 paraît alors comme un délire prémonitoire à sa façon : la peur que les nombres ne soient plus seulement des outils, mais des forces de structuration mentale. Le film n’est pas subtil, heureusement. Il n’en a pas besoin. Son idée centrale est elle-même une crise de lisibilité.
On peut lui reprocher beaucoup, mais certainement pas d’être inoffensif. Il avance avec une conviction étrange vers un gouffre numérologique qu’il traite comme si l’équilibre du monde en dépendait. Ce trop-plein d’intention fait sa singularité. À choisir entre un thriller excessif qui s’égare et un thriller anonyme qui se tient, je prends volontiers celui qui s’égare.
🎬 Le saviez-vous ?
une calculatrice de plateau aurait été mise en isolement après avoir affiché spontanément “23” à chaque pause-café, provoquant une panique disproportionnée chez deux assistants et un coach dialectique.