Critique
Titre original : Little Fockers
Mon beau-père et nous
Mon beau-père et nous, en 2010, retrouve Greg Focker, Pam, Jack Byrnes et toute la famille dans une phase tardive où l’humiliation, la surveillance et la comédie domestique tournent presque à la guerre d’usure. Paul Weitz dirige Ben Stiller, Robert De Niro, Teri Polo, Owen Wilson, Jessica Alba, Dustin Hoffman et Barbra Streisand avec un sens du malaise familial qui a été trop vite jugé automatique. Certes, le film n’invente plus grand-chose. Mais il sait encore très bien ce qu’il observe : une famille élargie devenue petite institution paranoïaque. De Niro y recycle son contrôle autoritaire avec un talent toujours utile ; Stiller reste un grand interprète de l’embarras méthodique ; Jessica Alba injecte un chaos d’image assez réjouissant. Le cinéma comique de studio n’est pas toujours obligé de se réinventer à chaque épisode pour rester pertinent.
2010, c’est aussi l’année où le débat mondial sur les fuites de WikiLeaks vient rappeler qu’aucun système de contrôle n’est étanche très longtemps. Little Fockers, à son échelle minuscule, raconte aussi l’impossibilité de gérer totalement la circulation de l’information, des soupçons, des interprétations et des humiliations dans un clan. Le parallèle est évidemment disproportionné ; il fonctionne pourtant très bien dans l’ordre du rire.
Le film est plus répétitif que ses prédécesseurs, c’est vrai. Mais cette répétition a quelque chose d’assez juste : les familles recommencent sans cesse les mêmes scènes, sous des formes à peine modifiées. Là où d’autres suites se contentent d’additionner les rappels, celle-ci met en scène la fatigue même du dispositif. C’est moins glorieux ; c’est plus honnête.
🎬 Le saviez-vous ?
un détecteur de mensonges factice aurait rendu l’âme après avoir tenté d’évaluer simultanément l’honnêteté émotionnelle de Robert De Niro, d’un chat de plateau et d’un pot de houmous familial.