Critique

Hantise

Titre original : The Haunting

IMDb 4.9 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 16%
Critique
Affiche de Hantise

Hantise

Hantise, en 1999, réunit Liam Neeson, Catherine Zeta-Jones, Owen Wilson et Lili Taylor dans un manoir supposément maudit où Jan de Bont remplace la subtilité par la technologie et la maison hantée par un showroom de CGI. Le film a été utilisé comme exemple de ce qu’il ne fallait pas faire avec le gothique. C’est oublier que l’outrance a aussi ses droits. Lili Taylor, surtout, apporte une vulnérabilité parfaitement accordée à la matière ; Catherine Zeta-Jones joue le trouble avec une ironie qu’on n’attendait pas ; Neeson fait ce qu’il peut pour maintenir un semblant de sérieux scientifique. De Bont, artisan de Speed et Twister, filme ici comme si l’horreur était d’abord une question de volume et de vitesse, et ce choix, même discutable, a au moins le mérite de la franchise.

1999 est l’année du bug de l’an 2000, quand les sociétés occidentales se mettent à craindre qu’une infrastructure invisible se retourne contre leur confort moderne. Hantise fonctionne exactement sur cette peur : la maison elle-même devient système corrompu, architecture hostile, interface domestique en rébellion. Le parallèle est moins idiot qu’il en a l’air.

Le film n’est pas effrayant au sens noble ; il est agressivement spectaculaire, ce qui est autre chose. Mais cette brutalité numérique donne au château une présence presque industrielle, plus proche du parc d’attractions hanté que du roman gothique. Pourquoi pas ? Tous les fantômes n’ont pas besoin de chuchoter pour exister. Celui-ci préfère casser du marbre en 5.1.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une cheminée de décor aurait été condamnée par le chef machiniste après avoir rejeté toute la nuit des cendres formant, selon un témoin très fiable, le profil d’Owen Wilson en état de scepticisme croissant.