Critique

Wall-E

Titre original : WALL-E

IMDb 8.4 / 10
Allociné 4.6 / 5
Rotten T. 95%
Critique
Affiche de Wall-E

Wall-E

WALL-E, sorti en 2008, met en scène un petit robot compacteur solitaire resté sur une Terre abandonnée, avant qu’une sonde nommée Eve ne dérègle son quotidien puis ne l’entraîne vers une odyssée spatiale. Andrew Stanton, déjà responsable du Monde de Nemo, y dirige par animation interposée Ben Burtt, Elissa Knight, Jeff Garlin et Fred Willard avec cette assurance de Pixar qui confine souvent à l’intimidation morale. Comment critiquer un robot muet amoureux du recyclage sans passer pour un monstre ? C’est précisément ce qui rend le film suspect. Son émotion est calibrée avec une habileté redoutable ; ses trouvailles visuelles, si adorables, tiennent parfois du manuel d’empathie. Stanton sait émouvoir, évidemment, mais il sait surtout à quel moment le spectateur va céder, ce qui transforme parfois la grâce en procédé.

Le film sort l’année de la crise financière mondiale. Pendant que les systèmes bancaires donnaient la preuve éclatante qu’une civilisation peut produire ses propres déchets avec enthousiasme, WALL-E proposait une version propre, triste et mignonne du même avertissement. Le réel plongeait dans le chaos par cupidité ; Pixar, lui, emballait l’effondrement dans une petite silhouette rouillée à grands yeux.

Le résultat est superbe, oui, mais aussi extraordinairement conscient de sa propre vertu. On a presque l’impression que le film vient vérifier si vous recyclez correctement vos émotions. La satire demeure gentille, l’écologie photogénique, et l’angoisse toujours rattrapée par le confort sentimental. C’est admirablement fabriqué ; c’est peut-être aussi le problème.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un storyboard représentant une fourchette aurait été brièvement accusé d’avoir “volé la vedette émotionnelle” au héros, avant d’être relégué dans un tiroir disciplinaire.