Critique

Un amour d'hiver

Titre original : Winter's Tale

IMDb 6.2 / 10
Allociné 1.8 / 5
Rotten T. 13%
Critique
Affiche de Un amour d'hiver

Un amour d'hiver

Un amour d’hiver, en 2014, entasse amour impossible, cambriolage, démons new-yorkais, cheval blanc providentiel et mythologie de la rédemption sous la direction d’Akiva Goldsman, avec Colin Farrell, Jessica Brown Findlay, Russell Crowe, Jennifer Connelly et William Hurt. Le film a été jugé indigeste, ce qui est une façon très bourgeoise de dire qu’il ose trop de choses en même temps. Colin Farrell y est étonnamment touchant ; Jessica Brown Findlay transforme sa fragilité en principe romanesque ; Russell Crowe, lui, comprend qu’il faut jouer la monstruosité comme une contrariété d’opéra. Goldsman ne sait peut-être pas toujours où poser sa caméra, mais il sait qu’il veut une fable grandiose et littérale. Cette absence de pudeur mérite une certaine estime.

2014 est aussi l’année où la sonde Rosetta rejoint une comète, moment de vertige cosmique et de poésie scientifique assez rare dans l’actualité. Un amour d’hiver, lui, prend l’idée du miracle et l’applique à Manhattan avec une assurance presque enfantine. Entre l’exploration réelle du lointain et cette romance surnaturelle, il existe au moins un point commun : la conviction qu’il y a encore des choses immenses à croire, même quand elles semblent parfaitement déraisonnables.

Le film se noie souvent dans ses propres élans, mais cette noyade est belle à regarder. Il préfère l’excès mystique au cynisme bien coiffé. Dans un cinéma américain qui a si peur du ridicule, voilà presque une position morale. On devrait peut-être récompenser plus souvent les films qui se trompent avec tant d’ampleur.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un cheval blanc de lumière aurait été branché sur un groupe électrogène séparé après avoir refusé de galoper sans “garantie écrite d’élévation symbolique suffisante” de la scène finale.