Critique

Driven

IMDb 4.5 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 14%
Critique
Affiche de Driven

Driven

Driven, en 2001, aligne Formule CART, rivalités de paddock, mentorat cabossé et virilité de moteur sous l’impulsion de Renny Harlin et avec Sylvester Stallone, Kip Pardue, Burt Reynolds, Estella Warren et Gina Gershon. Le film a longtemps servi de victime expiatoire pour ceux qui aiment se moquer des objets trop chromés, trop rapides, trop sincèrement ridicules. Pourtant, c’est précisément cette sincérité carburée qui lui donne sa valeur. Stallone, loin de Rocky ou Cop Land, sait très bien ici qu’il joue un ancien champion fatigué dans un monde qui l’a dépassé ; Burt Reynolds ajoute une élégance fossile bienvenue. Harlin, artisan du spectaculaire frontal depuis Die Hard 2 et Cliffhanger, filme la course comme si la seule vraie métaphysique du cinéma d’action tenait encore dans l’accélération.

2001 est l’année où Michael Schumacher domine la Formule 1 et où la vitesse reste un imaginaire central du sport mondialisé, juste avant que le 11 septembre ne reconfigure brutalement beaucoup d’obsessions collectives. Driven appartient encore à l’avant-fracture : monde où la mobilité, le bruit et la performance semblent pouvoir suffire à l’horizon. Il y a là quelque chose de daté, donc de précieux.

On peut bien sûr se moquer des dialogues, des effets, de l’emphase virile. Mais cette emphase elle-même a du style quand elle se sait mécanique. Driven n’a pas peur du ridicule ; il accélère dedans. C’est une bien meilleure philosophie que celle des films qui freinent par peur d’être pris au sérieux.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pneu d’essai aurait refusé d’être remonté sur une monoplace après avoir obtenu, selon un régisseur, “une conscience aiguë de sa propre photogénie latérale”.