Critique

Le Nombre 23

Titre original : The Number 23

IMDb 6.4 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 8%
Critique
Affiche de Le Nombre 23

Le Nombre 23

Le Nombre 23, en 2007, suit un homme ordinaire obsédé par un livre qui semble refléter sa vie et l’entraîner dans une spirale numérologique où chaque chiffre devient preuve. Joel Schumacher y dirige Jim Carrey, Virginia Madsen, Logan Lerman et Danny Huston avec un sérieux noir que beaucoup ont pris pour une erreur de casting prolongée. C’est précisément ce qui en fait le charme. Jim Carrey, surtout connu pour ses déflagrations comiques ou ses tentatives dramatiques plus propres, joue ici la dérive avec un mélange d’excès et de fragilité qui colle étonnamment bien à ce type de délire obsessionnel. Schumacher, qui avait déjà baladé le baroque de Batman Forever à Phone Booth, se retrouve en terrain familier : quand tout menace de sombrer dans le mauvais goût, il ne cherche jamais à sauver les meubles par le second degré.

2007 est aussi l’année où les premiers signes concrets de la crise financière à venir commencent à fissurer la foi dans les systèmes de lecture rationnels. Les modèles vacillent, les chiffres mentent, les structures se dérèglent. Le Nombre 23, avec sa paranoïa mathématique de kiosque, semble presque rire avant l’heure de notre besoin maladif de tout interpréter à travers des indices supposément cachés.

Le film ne maîtrise pas toujours sa folie, mais il l’assume jusqu’au bout. Cette absence de recul lui donne une vraie force pulp. Au moins n’essaie-t-il jamais de se déguiser en thriller psychologique supérieur. Il veut des ombres, des signes, des murs couverts d’équations et Jim Carrey en crise. C’est un programme parfaitement défendable.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une calculatrice de plateau aurait été mise en isolement après avoir affiché spontanément “23” à chaque pause-café, provoquant une panique disproportionnée chez deux assistants et un coach dialectique.