Critique
Titre original : Hansel and Gretel: Witch Hunters
Hansel & Gretel : Witch Hunters
Hansel & Gretel : Witch Hunters, en 2013, reprend le conte sous forme de western steampunk ultrabrutal avec arbalètes automatiques, fusils, sorcières gluantes et duo fraternel vengeur. Tommy Wirkola dirige Jeremy Renner, Gemma Arterton, Famke Janssen, Peter Stormare et Pihla Viitala avec une indécence d’autant plus sympathique qu’elle ne réclame jamais l’approbation des gens sérieux. Renner, souvent plus crédible quand il se tait et vise juste, trouve ici un terrain de jeu plutôt adéquat ; Gemma Arterton apporte une raideur combative qui fonctionne très bien dans ce monde de métal, de gore et de pain d’épices traumatique. Wirkola, après Dead Snow, comprend que le meilleur moyen d’adapter un conte consiste parfois à lui tirer dessus à répétition.
L’année 2013 est marquée par l’affaire Snowden, qui expose la fascination contemporaine pour les systèmes cachés, les réseaux souterrains et les menaces invisibles. Hansel & Gretel, à son niveau joyeusement idiot, propose lui aussi un monde d’infrastructures occultes et de chasse spécialisée. Le parallèle est grotesque, donc productif : même la conspiration peut se porter très bien en cuir médiéval.
Le film sait qu’il est absurde, mais il ne s’excuse jamais. Cette absence d’excuse est un plaisir. Là où tant de blockbusters fantastiques cherchent à se légitimer par un supplément de noirceur ou de mythologie lourde, celui-ci préfère l’attaque franche, le gag sanglant et l’efficacité de foire. Il ne faut pas lui demander de la mesure ; il faut le remercier de son absence.
🎬 Le saviez-vous ?
une arbalète d’apparat aurait été brièvement placée en médiation après avoir refusé de tirer sur une sorcière maquillée qu’elle jugeait “insuffisamment crédible sur le plan nutritionnel”.