Critique
Titre original : The 5th Wave
La 5ème vague
La 5e Vague, en 2016, aligne invasion extraterrestre, pandémie, effondrement des infrastructures, militarisation des adolescents et romance post-apocalyptique autour de Chloë Grace Moretz, Nick Robinson, Alex Roe, Liev Schreiber et Maria Bello. Le film a été balayé comme une tentative tardive de surfer sur la mode dystopique adolescente. C’est oublier qu’il agit plutôt comme un concentré presque comique de toutes les angoisses du moment. Moretz, très solide, donne au chaos un centre émotionnel crédible ; Schreiber apporte à l’autorité militaire son trouble habituel ; J Blakeson, après The Disappearance of Alice Creed, n’obtient pas une grande œuvre, mais il parvient à rendre lisible un système de paranoïa générale.
2016, entre crise migratoire persistante, menaces terroristes, peur des pandémies et défiance généralisée, fournit au film un climat presque trop adapté. La 5e Vague ne choisit pas ; elle prend tout. Et, curieusement, cette accumulation lui profite. Là où des œuvres plus fines sélectionnent une seule peur, celle-ci accepte d’être l’embouteillage anxieux d’une époque.
Le film est inégal, souvent schématique, mais il a l’élégance d’avouer sa surcharge. Il ne prétend jamais être au-dessus du young adult survivaliste ; il essaie seulement d’être son archive nerveuse. On devrait parfois aimer davantage les objets qui absorbent trop de leur temps que ceux qui feignent de lui échapper.
🎬 Le saviez-vous ?
un talkie-walkie de plateau aurait diffusé tout seul des consignes de survie contradictoires pendant une nuit, forçant l’équipe à élire un coordinateur spécialisé dans “la panique raisonnable”.