Critique

Lazarus Effect

Titre original : The Lazarus Effect

IMDb 5.2 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 16%
Critique
Affiche de Lazarus Effect

Lazarus Effect

The Lazarus Effect, en 2015, reprend le vieux fantasme de la résurrection scientifique qui tourne mal, en l’appliquant à une équipe de chercheurs jouant avec la mort comme on teste un prototype instable. David Gelb y dirige Olivia Wilde, Mark Duplass, Donald Glover, Evan Peters et Sarah Bolger dans un film qui a été trop vite relégué au rang de petit exercice de laboratoire sans âme. Pourtant, cette sécheresse même lui donne quelque chose d’assez intéressant. Olivia Wilde y impose une présence spectrale plus convaincante que le script n’y était obligé ; Mark Duplass apporte une fatigue pseudo-rationnelle qui sert parfaitement la dégradation du projet ; Gelb, après le documentaire Jiro Dreams of Sushi, filme ici l’expérimentation comme une cuisine métaphysique ratée. Ce mélange d’austérité et de panique fonctionne mieux qu’on ne l’a dit.

Le film sort l’année où l’on parle beaucoup d’intelligence artificielle, de biotechnologies et de start-up promettant des bouleversements radicaux des limites humaines. The Lazarus Effect condense cette hybris du moment en version horreur de couloir : une équipe persuadée que la frontière ultime est un problème d’équipement et de financement. La coïncidence enrichit le film, qui cesse alors d’être seulement une série de jumpscares pour devenir un symptôme assez lisible de la techno-arrogance de son temps.

Le film n’est pas très ample, certes. Mais il possède une densité de petit cauchemar industriel. Il ne prétend pas résoudre les questions qu’il agite, seulement faire sentir l’odeur d’une erreur trop vite monétisée. À une époque fascinée par l’innovation, cette modestie sinistre vaut déjà plus que beaucoup de pseudo-pensées futuristes.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un défibrillateur de décor aurait été placé dans un sac antistatique après avoir exigé “un droit de regard éthique sur le scénario des résurrections”.