Sinister 2
Sinister 2, en 2015, prolonge la mythologie de Bughuul à travers une mère, ses enfants jumeaux et un ancien adjoint du shérif qui tente d’empêcher le cycle de violence filmée de recommencer. Ciarán Foy y dirige Shannyn Sossamon, James Ransone, les jeunes Robert et Dartanian Sloan, ainsi que Tate Ellington. Le film a très vite été traité comme l’ombre fatiguée du premier. Et pourtant, cette fatigue même le rend parfois plus intéressant. James Ransone, surtout, apporte une humanité nerveuse et embarrassée qui manque souvent aux franchises d’horreur ; Shannyn Sossamon a ce mélange de fragilité et de dureté qui donne du relief à un rôle que tant d’autres auraient laissé en simple fonction maternelle. Foy, cinéaste moins décoratif que Scott Derrickson, préfère l’effiloché au choc prestigieux. Cela lui vaut moins d’admiration. Cela lui donne plus de rugosité.
Le film arrive dans une année hantée par la circulation virale d’images de violence sur les réseaux, de vidéos d’exécution, de contenus-traumas consommés à grande vitesse. Sinister 2 travaille précisément cela : la contamination par l’image, le passage du mal par l’enregistrement et la répétition. Le film n’analyse pas la culture numérique, mais il s’y branche presque malgré lui, ce qui le rend plus contemporain qu’un simple sequel d’épouvante.
Ce qui lui manque en invention pure, il le récupère en persistance malsaine. Il ne cherche pas à être plus fin ou plus noble que le genre. Il creuse. Cela suffit parfois à produire une ambiance durable. On devrait peut-être cesser d’exiger de chaque suite qu’elle soit une révélation et reconnaître à certaines le mérite d’entretenir correctement la moisissure.
🎬 Le saviez-vous ?
une caméra super-8 factice aurait été enfermée dans une boîte à biscuits en fer après avoir “continué à tourner par pure malveillance esthétique” après le clap final.