Critique

The Watcher

IMDb 5.3 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 11%
Critique
Affiche de The Watcher

The Watcher

The Watcher, en 2000, aligne Keanu Reeves en tueur en série joueur et James Spader en agent traqué psychologiquement, dans un thriller qui a souvent servi de preuve à charge contre les polars de studio de transition. Joe Charbanic y dirige aussi Marisa Tomei, Ernie Hudson et Chris Ellis, avec un sérieux de vidéoclipteur un peu perdu. C’est justement ce qui lui donne une couleur particulière. Keanu Reeves, loin de la densité stoïque de Matrix, joue ici contre sa propre silhouette avec une étrangeté presque raide qui finit par produire un malaise pas totalement inintéressant ; James Spader, de son côté, apporte sa fatigue visqueuse habituelle avec un professionnalisme presque excessif. Le film ne trouve jamais l’élégance, mais il trouve parfois un groove glacial inattendu.

L’année 2000 est celle des grandes peurs diffuses autour du passage au nouveau millénaire, après le non-événement du bug Y2K et avant l’explosion sécuritaire du monde post-11 septembre. The Watcher flotte exactement dans cet entre-deux : encore attaché au serial killer comme spectacle personnel, déjà tourné vers des imaginaires de surveillance, de traque et de dispositif. Il n’a pas la puissance d’un grand thriller paranoïaque, mais il capte quelque chose de cette transition.

Le film est inégal, oui. Mais il est inégal avec une vraie sincérité de mauvais costume urbain. Il ne prétend pas dépasser son propre cadre, et cette modestie ratée devient presque touchante. Parfois, un thriller moyen vaut mieux qu’un thriller bien élevé : il laisse voir ses coutures, et les coutures racontent aussi une époque.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une paire de jumelles de plateau aurait été suspendue après avoir “regardé les figurants avec une intention dramaturgique non validée par la régie”.