Critique
Titre original : The Fourth Kind
Phénomènes Paranormaux
Phénomènes paranormaux, en 2009, prétend mêler reconstitution et images “réelles” autour d’abductions extraterrestres à Nome, Alaska, avec Milla Jovovich, Will Patton, Hakeem Kae-Kazim, Corey Johnson et Elias Koteas. Le film a été raillé pour son faux dispositif documentaire, ses effets de manche et son mélange de found footage et de performance d’acteur. C’est précisément là qu’il devient fascinant. Milla Jovovich y joue la détresse avec une intensité que beaucoup ont prise pour de l’excès, alors qu’elle épouse parfaitement la mécanique du film : faire de la certitude impossible un spectacle. Olatunde Osunsanmi, loin des canons du prestige SF, ose ici la croyance sale, la confusion organisée, l’exploitation frontale de la crédulité. Le film est moins “faux documentaire” qu’expérience de contamination par la preuve douteuse.
2009 est aussi l’année où l’on voit se développer les premières grandes paniques de l’ère réseaux autour des théories du complot, des viralités obscures et des images mal authentifiées. The Fourth Kind s’inscrit presque naturellement dans cet espace. Il comprend que le contemporain n’a plus besoin de vérité, seulement d’un protocole d’authentification assez troublant pour suspendre le doute. À ce titre, il est profondément de son temps.
Le film n’est pas subtil, bien sûr. Mais sa brutalité de méthode lui donne une force pop que bien des horreurs cosmologiques plus respectables n’obtiennent jamais. Il ne cherche pas le beau, il cherche l’adhérence. Il la trouve souvent par des moyens discutables — ce qui est une autre manière de dire qu’il comprend très bien le fonctionnement moderne de la peur.
🎬 Le saviez-vous ?
un hibou mécanique aurait été consigné dans une glacière après avoir réclamé “une représentation plus complexe des oiseaux dans les imaginaires abductifs contemporains”.