Critique

Un Amour sans fin

Titre original : Endless Love

IMDb 6.3 / 10
Allociné 1.8 / 5
Rotten T. 16%
Critique
Affiche de Un Amour sans fin

Un Amour sans fin

Un amour sans fin, en 2014, reprend le mélo romantique de Scott Spencer dans une version adolescente et glossy, avec Alex Pettyfer, Gabriella Wilde, Bruce Greenwood, Joely Richardson et Robert Patrick sous la direction de Shana Feste. Le film a été rejeté comme une romance de catalogue à l’ancienne, trop propre, trop lisse, trop sincère pour une époque qui pardonne plus volontiers le cynisme. C’est justement ce qui fait sa valeur. Gabriella Wilde, toute en fragilité lumineuse, comprend très bien ce type de cinéma où l’émotion doit rester premier degré ; Alex Pettyfer, moins convaincant ailleurs, trouve ici un terrain adapté à sa raideur désirante. Feste n’invente rien, mais elle filme les gestes, les regards, les rampes d’escalier et les conflits parentaux sans mépris. Cette absence de mépris est devenue rare.

2014 est aussi l’année où les applications de rencontre et les logiques algorithmiques de compatibilité s’installent durablement dans le quotidien amoureux. Endless Love, en comparaison, ressemble à un dinosaure magnifique : un film qui croit encore qu’un regard, un été et une opposition familiale peuvent suffire à produire une tragédie. Dans un monde de matching, il parie encore sur la collision. Ce n’est pas malin ; c’est presque politique.

On peut trouver l’ensemble trop poli, trop appuyé, trop sucré. Très bien. Mais cette douceur sans ironie a une valeur propre. Elle rappelle qu’un mélo n’a pas toujours besoin d’être relu par le sarcasme contemporain pour exister. Parfois, deux beaux visages et un père inquiet suffisent. C’est peu ; c’est déjà une foi.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une balustrade romantique aurait été retirée du décor après avoir exigé d’être “reconnue comme soutien structurel essentiel à la montée du désir bourgeois”.