Critique

Rush Hour 3

IMDb 6.2 / 10
Allociné 1.8 / 5
Rotten T. 18%
Critique
Affiche de Rush Hour 3

Rush Hour 3

Rush Hour 3, en 2007, relance le tandem Jackie Chan / Chris Tucker entre Paris, triades, patrimoine touristique et poursuites chorégraphiées. Brett Ratner dirige aussi Max von Sydow, Noémie Lenoir, Yvan Attal et Hiroyuki Sanada dans ce troisième épisode très souvent traité comme la preuve qu’une franchise a dépassé sa date de consommation. Peut-être. Mais cette usure est aussi ce qui le rend agréable : on regarde deux performers rejouer leurs gestes, leurs rythmes, leurs décalages, avec une fatigue qui devient presque du style. Jackie Chan reste d’une précision physique inattaquable ; Chris Tucker continue de parler comme s’il croyait pouvoir compenser la gravité terrestre par le débit vocal. Ratner, cinéaste de l’efficacité sans conscience, sait au moins laisser ses machines humaines fonctionner.

2007 est l’année de l’entrée en fonction de Nicolas Sarkozy et d’un moment très particulier où la France exhibe à la fois son désir d’ordre et son obsession du spectacle médiatique. Voir Rush Hour 3 transformer Paris en terrain de slapstick international au même moment a quelque chose de profondément juste : la capitale y devient moins un lieu qu’un décor disponible, un parc de monuments ouvert à la négociation mondiale des clichés.

Le film n’est pas fin, mais il a l’élégance de ne pas faire semblant. Il sait que le vrai sujet n’est ni le crime ni l’intrigue, mais le plaisir mécanique du duo, de la poursuite et du monument temporairement transformé en accessoire comique. À ce jeu-là, même essoufflé, il reste plus vivant que bien des suites qui s’imaginent plus nobles.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un petit morceau de Tour Eiffel de décor aurait été mis dans du papier bulle après avoir déclaré qu’il refusait “d’être réduit à une simple ponctuation de buddy movie sans considération patrimoniale”.