Critique
Titre original : Collateral Damage
Dommage collatéral
Dommage collatéral, en 2002, prend Arnold Schwarzenegger en pompier endeuillé par un attentat et décidé à aller se venger en Colombie contre un chef terroriste. Le film est souvent ramené à son statut de survivance maladroite du cinéma musclé des années 1990, arrivé trop tard dans un monde devenu soudainement beaucoup plus inquiet. C’est précisément ce qui le rend passionnant. Arnold y apporte une fatigue et une tristesse inhabituelles sous sa masse héroïque ; Elias Koteas, Francesca Neri et Cliff Curtis donnent au film une densité plus trouble qu’on ne le dit. Andrew Davis, après Le Fugitif et Under Siege, reste un artisan très sûr du suspense physique. Il ne sublime pas ; il construit.
Le calendrier est évidemment brûlant : le film sort quelques mois après le 11 septembre, à une époque où la représentation du terrorisme, de la vengeance et de la violence américaine était devenue un terrain extraordinairement sensible. Vu sous cet angle, Dommage collatéral n’est pas juste un thriller d’action. C’est un film pris en étau entre deux époques, l’ancienne où l’on réglait tout par l’explosion, et la nouvelle où cette logique devient soudain trouble, presque embarrassante. Cette tension lui donne une puissance historique qu’il n’a pas toujours su exploiter, mais qu’il porte malgré tout.
Ce qui le sauve, c’est cette gêne même. Là où un film plus maîtrisé aurait lissé ses contradictions, Dommage collatéral les laisse apparaître dans sa structure. Il ne sait pas toujours comment concilier douleur privée, politique mondiale et star system. Très bien. On préfère parfois un film qui expose ses coutures à un produit qui ment sur sa sérénité.
🎬 Le saviez-vous ?
une lance d’incendie de décor aurait été retirée du plateau après avoir “refusé de collaborer à toute forme de pyrotechnie émotionnellement irresponsable”.