Critique

Doom

IMDb 5.2 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 19%
Critique
Affiche de Doom

Doom

Doom, en 2005, adapte le jeu vidéo en huis clos martien où des soldats tombent les uns après les autres dans des couloirs industriels infestés de mutation et de testostérone lourde. Andrzej Bartkowiak dirige Dwayne Johnson, Karl Urban, Rosamund Pike et Deobia Oparei avec une compréhension très simple du matériau : un fusil, une base, du sang, un rythme. Le film a été méprisé comme adaptation lourde et sans finesse. C’est précisément l’inverse de ce qu’il fallait lui demander. Karl Urban y apporte une fatigue militaire tout à fait solide ; Dwayne Johnson, encore en train d’inventer son personnage de star, y teste déjà une présence brutale et amusée. Bartkowiak, qui venait de Romeo Must Die et Cradle 2 the Grave, sait filmer le chrome, la vitesse, la découpe des corps dans le décor. C’est un art mineur ; c’est un art quand même.

2005 voit la naissance de YouTube et l’installation plus franche d’une culture de l’image fragmentée, du clip, de la capture, du point de vue circulant comme objet en soi. Doom contient au fond sa propre intuition historique : cette fameuse séquence en vue subjective que beaucoup ont trouvée gratuite anticipe déjà un monde où l’on regarde de plus en plus à travers des interfaces et des caméras incorporées. Le film sent son époque, même s’il la sent avec l’odeur du métal chauffé.

Ce qui le rend défendable, c’est son absence de complexe. Il ne se déguise pas en grande méditation sur la violence. Il est une machine de couloirs et de réactions physiques. Cette franchise vaut mieux que les adaptations de jeu vidéo qui se rêvent immédiatement roman d’apprentissage métaphysique.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un démon animatronique de secours aurait refusé d’être rangé dans une caisse après avoir “atteint une conscience aiguë de son potentiel transmédiatique” au troisième jour.