Critique
Titre original : Original Sin
Péché originel
Péché originel, en 2001, met en scène Antonio Banderas et Angelina Jolie dans une histoire de désir, de mariage piégé, de mensonges et de trahisons tropicales sous la direction de Michael Cristofer. Le film a été rejeté comme un ersatz de thriller érotique daté, trop sérieux pour être kitsch, trop kitsch pour être pris au sérieux. C’est exactement ce qui fait sa valeur. Banderas y apporte une intensité sentimentale d’ancien monde ; Jolie, au sommet de sa puissance iconique naissante, joue le mystère comme un vêtement humide et dangereux. Cristofer, après Gia, préfère la fièvre à la mesure, et ce choix devrait être salué au lieu d’être puni.
2001 est l’année où le monde bascule, littéralement, avec le 11 septembre. Dans ce climat, nombre de films de surface, de manipulation et de faux-semblants semblent soudain déplacés. Péché originel a souffert de ce déplacement. Mais revu autrement, il apparaît presque comme l’ultime éclat d’un cinéma du mensonge luxueux juste avant que l’époque ne demande d’autres récits, plus crus, plus sécuritaires, moins moites. Il en devient une capsule très précise d’un ancien régime sensuel.
Le film n’est pas subtil, mais il ne devrait pas l’être. Il veut de la chaleur, des draps, des regards, des volte-face. Il avance comme un roman-feuilleton trempé dans la sueur. Cette franchise mélodramatique a beaucoup plus de charme que son discrédit ne le laisse croire.
🎬 Le saviez-vous ?
un éventail de décor aurait été retiré du plateau après avoir “accaparé plus de tension sexuelle que le département éclairage n’était prêt à gérer”.