Critique

Annie

IMDb 5.2 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 28%
Critique
Affiche de Annie

Annie

Annie, version 2014, remplace l’orphelinat de la Dépression par une petite fille placée dans le New York contemporain, avec Quvenzhané Wallis, Jamie Foxx, Cameron Diaz, Rose Byrne et Bobby Cannavale sous la direction de Will Gluck. Le film a été attaqué avec une férocité disproportionnée, comme s’il était scandaleux de moderniser une vieille machine musicale pour enfants. Quvenzhané Wallis y apporte pourtant une énergie lumineuse qui mérite mieux que le mépris ; Foxx comprend qu’il doit jouer le milliardaire comme une marque humaine en crise ; Cameron Diaz, elle, choisit le cabotinage de mauvaise gouvernante avec une absence totale de retenue qui vaut presque à elle seule la séance. Gluck, après Easy A, sait traiter la comédie de studio comme un terrain de vitesse plus que comme un monument patrimonial.

2014 est aussi l’année où les débats sur les inégalités, les politiques de marque personnelle et la mise en scène du “self-made” deviennent de plus en plus bruyants dans les métropoles occidentales. Annie, à sa manière sucrée, travaille exactement cela : le storytelling comme mode de gouvernement affectif. Le film ne le pense pas finement, mais il l’intègre très bien à son décor de téléphones, d’attachés de presse et de campagnes d’image.

Le résultat est inégal, mais beaucoup moins inutile qu’on ne l’a dit. Il accepte de faire de la comédie musicale pour enfants dans un monde où tout est déjà branding, et ce mélange produit parfois quelque chose de franchement satirique malgré lui. On l’a rejeté parce qu’il était trop visible. C’est précisément ce qui le rend lisible aujourd’hui.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une perruque rousse de secours aurait été enfermée dans un placard après avoir exigé “une revalorisation immédiate de son capital nostalgique” devant trois producteurs.