Critique

Psychose

Titre original : Psycho

IMDb 8.5 / 10
Allociné 4.5 / 5
Rotten T. 96%
Critique
Affiche de Psychose

Psychose

Psychose, en 1960, commence comme le récit d’un vol et d’une fuite avant de pivoter vers un motel, une mère invisible et un certain Norman Bates. Alfred Hitchcock dirige Anthony Perkins, Janet Leigh, Vera Miles et John Gavin avec une assurance qui ressemble déjà à un piège tendu au spectateur. Janet Leigh, formidable d’inquiétude nerveuse, se voit sacrifiée avec une efficacité si célèbre qu’on en oublie presque la violence de la manipulation ; Anthony Perkins, acteur infiniment plus intéressant qu’on ne l’a longtemps admis, transforme Norman en fêlure ambulante d’une délicatesse presque trop bien ciselée. Hitchcock, après Vertigo et North by Northwest, continue de prouver qu’il sait tout faire, ce qui devient parfois légèrement agaçant.

1960 est aussi l’année des premiers grands sit-in du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Le pays voit alors surgir, dans les lieux les plus ordinaires, des tensions qu’il s’évertuait à rendre invisibles. Psychose accomplit quelque chose de comparable à sa façon : il transforme un décor banal, un motel, un bureau, une salle de bains, en zone de crise. Sauf qu’Hitchcock le fait avec un tel contrôle qu’on se surprend parfois à admirer le mécanisme plus que la blessure qu’il dévoile.

Le film demeure brillant, évidemment. Mais c’est une brillance si méthodique qu’elle finit par transformer l’angoisse en chef-d’œuvre de précision, presque en exercice de domination cinéphile. Hitchcock vous tient, vous secoue, vous impressionne ; il vous aime un peu moins qu’on le dit.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un pommeau de douche aurait été placé sous protection rapprochée après qu’un attaché de presse eut affirmé qu’il “volait la part mystique” d’Anthony Perkins.