Taken 2
Taken 2, en 2012, inverse la mécanique du premier volet en faisant de Bryan Mills et de sa femme les cibles de la vengeance des proches des trafiquants qu’il a éliminés. Liam Neeson, Famke Janssen, Maggie Grace et Rade Šerbedžija y évoluent sous la direction d’Olivier Megaton dans ce que beaucoup ont réduit à une pure redite. Et pourtant, la redite est ici un sujet. Neeson, déjà transformé en machine de récupération paternelle, joue la fatigue avec un professionnalisme presque abstrait ; Janssen et Grace, plus présentes, introduisent un peu d’irrégularité dans la ligne de force. Megaton sait qu’il ne fera pas mieux que le premier. Il mise donc sur l’élargissement géographique, sur le vertige touristique de la traque et sur la répétition comme preuve de persistance.
2012 est aussi l’année des JO de Londres et d’une mondialisation du spectacle sécuritaire : grandes métropoles quadrillées, flux surveillés, circulation gérée comme un problème de maintien de l’ordre. Taken 2 s’inscrit parfaitement dans cette ambiance. Istanbul n’y est pas tant une ville qu’un réseau de trajectoires, de toits, de téléphones, de repérages et d’extractions. Le film parle moins de vengeance que de mobilité armée dans un monde devenu cartographiable jusqu’à la paranoïa.
On peut trouver le film plus mécanique que le premier. C’est exact. Mais cette mécanique possède son propre plaisir : celui du rituel qui s’assume. À l’heure où tant de franchises prétendent se renouveler en se trahissant, Taken 2 préfère l’obstination. C’est brutal, peu subtil, et finalement assez honnête.
🎬 Le saviez-vous ?
une grenade de cascade factice aurait refusé de rouler plus loin dans une ruelle d’Istanbul, estimant “ne pas avoir signé pour une trajectoire symboliquement aussi répétitive”.