Critique

Taken 3

IMDb 6.0 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 13%
Critique
Affiche de Taken 3

Taken 3

Taken 3, en 2014, jette Bryan Mills dans une cavale intérieure américaine après le meurtre de son ex-femme, en transformant la franchise initialement touristique en polar de banlieues, de viaducs et de colère fatiguée. Liam Neeson, Famke Janssen, Maggie Grace, Forest Whitaker et Dougray Scott y évoluent sous la direction d’Olivier Megaton avec une évidente conscience d’usure. C’est précisément cette usure qui m’intéresse. Neeson n’y est plus le justicier abrupt du premier opus ; il devient une silhouette épuisée, presque administrative, ce qui rend le film plus mélancolique qu’on ne l’a dit. Forest Whitaker, avec son regard soupçonneux et son étrange affaire de bagels, apporte même une bizarrerie bienvenue.

2014 est aussi l’année où l’affaire Snowden continue de nourrir l’obsession pour la surveillance, les traces, les fichiers, les déplacements lisibles sur carte. Taken 3 appartient à ce monde-là : un monde où la chasse passe moins par le voyage exotique que par l’analyse, les bases de données, les trajectoires. En ce sens, le film semble moins répétitif qu’on l’a affirmé. Il adapte sa franchise à l’époque du quadrillage. Ce n’est pas glorieux, mais c’est cohérent.

On lui reproche son montage frénétique, parfois ridicule. À juste titre. Mais cette nervosité produit aussi un objet presque expressionniste de la fatigue actionnelle. Taken 3 ressemble à un blockbuster qui se sait vieux et tente de survivre en bougeant encore plus vite. Cette panique formelle a quelque chose de touchant. La franchise s’effondre ? Très bien. Elle le fait en courant.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une clôture de poursuite aurait demandé une pause après avoir “absorbé trop de montage pour une seule journée de travail physique”.