Critique

The Eye

IMDb 5.4 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 21%
Critique
Affiche de The Eye

The Eye

The Eye, version américaine de 2008, voit une femme recouvrer la vue grâce à une greffe de cornée, puis découvrir qu’elle ne contemple pas seulement le monde visible mais aussi ses spectres. Jessica Alba, Alessandro Nivola, Parker Posey et Rade Šerbedžija y évoluent sous la direction des frères Pang, revenus adapter eux-mêmes leur propre film avec une étonnante absence de cynisme. Alba, souvent sous-estimée, apporte ici une fragilité très convenable ; les Pang refusent le clin d’œil et gardent au film sa tristesse. Le résultat n’a peut-être pas la pureté de l’original hongkongais, mais il n’est pas cette simple coquille vide qu’on a tant aimé dénoncer.

2008 est aussi l’année où la crise financière mondiale met brutalement en question la fiabilité même des choses qu’on croyait voir clairement : marchés, banques, institutions, valeur. The Eye joue, à sa petite échelle spectrale, une variation presque trop parfaite sur cette perte de lisibilité. Voir mieux devient voir pire. Ce n’est pas seulement une idée de remake ; c’est un malaise d’époque.

Le film est policé, oui, parfois même trop. Mais cette politesse lui donne une retenue que beaucoup de films de fantômes plus bruyants n’ont pas. Il préfère la contamination lente à la convulsion. On devrait peut-être l’aimer pour cela : il continue de croire qu’un visage qui se fige devant ce qu’il ne comprend pas vaut encore un bon effet.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une cornée de prothèse aurait été enfermée dans une boîte opaque après avoir “refusé de regarder encore un seul exécutif trop sûr de la stratégie remake”.