Critique
Titre original : The Da Vinci Code
Da Vinci Code
Da Vinci Code, en 2006, convertit un best-seller d’aéroport en conspiration mondiale à base de symboles, de codes, de tableaux et d’organisations millénaires, sous la direction de Ron Howard avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen, Paul Bettany, Jean Reno et Alfred Molina. On s’est beaucoup amusé à traiter le film comme une machine pesante. C’est vrai qu’il est pesant. C’est aussi, justement, ce qui le rend presque admirable. Hanks y joue Robert Langdon comme un manuel ambulant de Harvard traversé par une migraine sacrée ; Tautou tente de rendre la mécanique respirable ; McKellen apporte l’enthousiasme cabotin qui manque au reste. Howard, après A Beautiful Mind, comprend qu’un film de codes ne vaut que s’il assume de devenir lui-même une cathédrale de sérieux. Il le fait.
2006 est l’année où l’on voit exploser les débats sur les caricatures de Mahomet, la place du religieux dans l’espace public et la nervosité mondiale autour des récits sacrés. Da Vinci Code arrive exactement à ce moment, où le christianisme populaire, l’histoire secrète et la fiction ésotérique deviennent des terrains inflammables. Le film est alors moins ridicule qu’il n’y paraît : il capte un instant où la culture de masse comprend qu’un thriller peut encore prendre feu s’il ose toucher aux symboles.
Son vrai charme tient à cette mauvaise solennité. Da Vinci Code ne sait pas être léger ; il transforme chaque couloir de musée en apocalypse de bibliothèque. Cette lourdeur est un style, ou du moins une forme de croyance. Il ne vous séduit pas finement. Il vous assomme de signes. Et il y a quelque chose de presque héroïque à maintenir un tel niveau de gravité devant une chasse au trésor théologique.
🎬 Le saviez-vous ?
une copie de la Joconde aurait été brièvement recouverte d’un drap après avoir “refusé d’être encore utilisée comme machine à suspense exégétique”.