Critique
Titre original : End of Days
La Fin des temps
La Fin des temps, en 1999, oppose Arnold Schwarzenegger au Diable lui-même dans un New York millénariste saturé de pluie, de croix, de néons, de peur eschatologique et d’hystérie de fin de siècle. Peter Hyams y dirige aussi Gabriel Byrne, Robin Tunney, Kevin Pollak et Rod Steiger avec cette certitude magnifique qu’un affrontement entre l’Apocalypse et une star autrichienne surarmée mérite d’être filmé sans aucune gêne. Schwarzenegger y apporte une fatigue sombre inhabituelle ; Byrne, en Satan charmeur, comprend parfaitement que le film exige du velours malfaisant ; Hyams, artisan du grand sérieux absurde, maintient la pression avec un aplomb quasi liturgique.
1999 est l’année du bug de l’an 2000, des prophéties de chaos informatique et d’une ambiance de seuil historique où toutes les peurs technologiques et mystiques semblent pouvoir se rencontrer. La Fin des temps est exactement ce film-là : un film que personne ne pouvait faire sans paraître ridicule avant 1999, et que 1999 rend presque naturel. Son hystérie n’est pas une faute ; c’est son contexte qui la réclame.
Le film est énorme, emphatique, traversé de fulgurances kitsch. C’est aussi ce qui le rend meilleur que sa réputation. Il refuse le petit cynisme. Il croit encore qu’on peut opposer une star cabossée à la métaphysique du Mal comme s’il s’agissait d’un chantier physique. Cet entêtement à prendre le grotesque au sérieux constitue une très belle qualité de cinéma populaire.
🎬 Le saviez-vous ?
une croix en métal de décor aurait été brièvement bénie après avoir “développé une attitude trop confiante vis-à-vis des forces infernales du plateau”.