Critique
Titre original : Just Go with It
Le Mytho - Just Go With It
Le Mytho, en 2011, fait passer Adam Sandler pour un chirurgien inventant une fausse ex-femme et Jennifer Aniston pour cette ex-femme improvisée, le tout glissant vers Hawaï, les enfants, Nicole Kidman et Brooklyn Decker sous la direction de Dennis Dugan. Le film est souvent méprisé parce qu’il ressemble précisément à ce qu’il est : une comédie de mensonge, de dérapage sentimental et de stars en plein soleil. Quelle faute impardonnable. Sandler, quand il cesse de vouloir être aimé et se contente de courir dans le ridicule, reste très efficace ; Aniston possède exactement la science du timing légèrement excédé qu’il faut pour rendre le mensonge social regardable ; Kidman, en apparition perturbatrice, donne presque au film une énergie de laboratoire.
2011 est aussi l’année des printemps arabes, où l’image publique, l’imposture politique et la fragilité des récits officiels deviennent des thèmes mondiaux évidents. Just Go with It ne parle évidemment pas de révolution, mais il repose lui aussi sur un petit système d’illusions qui se fissure dès qu’il doit se confronter au réel. Le parallèle est excessif, et c’est précisément pourquoi il amuse : même la comédie la plus bronzée travaille sur la crise des versions officielles.
Le film n’est pas fin ; il n’en a nul besoin. Il sait que la comédie du faux mariage, des jalousies mal rangées et des identités réécrites vaut mieux que son principe. On devrait peut-être moins lui reprocher sa paresse que lui reconnaître son efficacité d’horlogerie paresseuse.
🎬 Le saviez-vous ?
un cocktail de plage aurait été retiré de la table lecture après avoir “imposé de manière autoritaire un taux de légèreté supérieur aux recommandations du script doctor”.