Critique
Titre original : Wrath of the Titans
La Colère des Titans
La Colère des Titans, en 2012, renvoie Persée au combat contre titans, dieux fatigués, chimères et enfers rageurs avec Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes, Rosamund Pike, Bill Nighy et Toby Kebbell sous la direction de Jonathan Liebesman. Le film est tenu pour un exemple commode de fantasy mythologique désossée par le CGI. Et pourtant, ce grand vacarme a sa noblesse. Worthington avance comme une pierre guerrière à peine taillée, ce qui convient finalement très bien ; Neeson et Fiennes transforment leurs scènes divines en match d’acteurs britanniques vaguement honteux mais professionnellement très engagés. Liebesman, cinéaste de la collision, sait au moins que le mythe gagne parfois à être traité comme une foire de muscles cosmiques.
2012 est aussi l’année où l’on reparle partout de fin du monde avec la récupération populaire du calendrier maya. La Colère des Titans s’inscrit idéalement dans cet imaginaire de destruction grandiose : gouffres, monstres, cieux fendus, panique antique. Le film n’a pas besoin d’être intelligent ; il a besoin d’arriver au bon moment avec des créatures plus grandes que la raison. Il le fait.
On lui reproche sa brutalité sans nuance. Très bien. Mais cette brutalité a au moins l’élégance de ne pas se prendre pour de la philosophie. À force de vouloir rendre les mythes sérieux, le blockbuster contemporain oublie souvent qu’ils ont aussi vocation à écraser des montagnes. La Colère des Titans n’oublie rien de cela, même si elle oublie parfois le reste.
🎬 Le saviez-vous ?
une barbe divine de rechange aurait été conservée dans un caisson anti-humidité après avoir “menacé d’annexer tout le panthéon de la coiffure héroïque”.