Critique

Star Wars : Episode V - L'Empire contre-attaque

Titre original : Star Wars: Episode V - The Empire Strikes Back

IMDb 8.8 / 10
Allociné 5.0 / 5
Rotten T. 94%
Critique
Affiche de Star Wars : Episode V - L'Empire contre-attaque

Star Wars : Episode V - L'Empire contre-attaque

L’Empire contre-attaque, sorti en 1980, est le chapitre où la saga Star Wars prend un air grave, comme un adolescent découvrant qu’il peut plisser les yeux pour paraître profond. Irvin Kershner y met en scène la fuite des rebelles, l’apprentissage de Luke, la tension amoureuse entre Han Solo et Leia, puis l’ombre immense de Dark Vador. Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher et Billy Dee Williams installent une distribution devenue mythologique. Mais précisément : le film vit aujourd’hui autant de sa réputation que de ses qualités. Hamill joue l’apprentissage avec une application parfois un peu scolaire ; Ford exploite déjà avec beaucoup de métier cette nonchalance qui le suivra jusque dans Indiana Jones ; Fisher, souvent la plus vive, semble prisonnière d’un récit qui adore ses icônes plus qu’il n’écoute ses personnages.

Kershner est célébré pour avoir apporté de la noirceur à la franchise. On pourrait dire plus sèchement qu’il lui a donné un certificat de respectabilité. Hoth, Dagobah, Bespin : tout fonctionne, tout est lisible, tout est devenu immédiatement sacré. Et c’est là que le film perd un peu de sa liberté. À force d’être le “chapitre mature”, il avance parfois avec la rigidité d’une relique consciente de sa propre postérité.

Plutôt qu’un simple parallèle du type “la même année”, le lien historique tient ici au climat. En mai 1980, l’éruption du mont Saint Helens couvre les États-Unis d’images de panique, de fumée et de poussière bien réelles. Face à ce spectacle terrestre de chaos, les tempêtes spatiales du film paraissent presque soigneusement repassées. La nature, elle, n’avait pas besoin de matte paintings ni de sagesse yodienne pour imposer son sublime brutal.

Le film reste très efficace, bien sûr, mais c’est une efficacité devenue presque tyrannique : on connaît ses morceaux de bravoure avant qu’ils arrivent, on s’agenouille avant même le premier plan de neige. Ce n’est plus une aventure ; c’est un patrimoine.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un comédien déguisé en futur Ewok se serait trompé de calendrier, aurait débarqué un an trop tôt sur le plateau et passé trois jours à saluer Vador comme “Monsieur l’ours impérial”.