Critique

Annie Hall

IMDb 8.1 / 10
Allociné 4.6 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de Annie Hall

Annie Hall

Annie Hall, en 1977, raconte l’histoire d’Alvy Singer et Annie Hall à travers souvenirs morcelés, digressions, ruptures de ton et auto-analyse permanente. Woody Allen y joue face à Diane Keaton, Tony Roberts, Carol Kane et Shelley Duvall, sous une mise en scène qui a fait de la névrose urbaine une sorte de chic intellectuel exportable. Diane Keaton, lumineuse et bien plus libre que le film qui la cadre, emporte presque tout sur son passage ; Allen, lui, transforme son personnage en distributeur automatique d’esprit, ce qui amuse jusqu’au moment où cette mécanique du commentaire devient un peu asphyxiante. Comparé à Manhattan, plus stylisé, ou à Husbands and Wives, plus nerveux, Annie Hall ressemble parfois au brouillon génial que l’on a sanctifié au point de ne plus voir ses tics.

L’année 1977 est celle du lancement de la sonde Voyager 1. Tandis que l’humanité expédiait dans l’espace un message destiné à d’éventuelles intelligences extraterrestres, Annie Hall passait son temps à expliquer minutieusement les malentendus entre intelligences très terrestres. Le contraste est délicieux : d’un côté une ambition cosmique, de l’autre le cabinet de psychanalyse du Upper East Side étendu à tout le cinéma américain.

Le film est vif, inventif, parfois très drôle. Il est aussi si conscient de sa propre modernité qu’il finit par la mimer devant le miroir. On l’admire pour ce qu’il a changé, sans toujours reconnaître combien il adore se savoir plus intelligent que la conversation moyenne.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une langouste de répétition aurait été engagée pour “redonner du chaos” à une scène jugée trop bien écrite, avant de disparaître dans un taxi en direction de Brooklyn.