Critique

Le Secret de Charlie

Titre original : Charlie St. Cloud

IMDb 6.5 / 10
Allociné 1.4 / 5
Rotten T. 28%
Critique
Affiche de Le Secret de Charlie

Le Secret de Charlie

Charlie St. Cloud, en 2010, fait de Zac Efron un jeune homme endeuillé qui continue de voir son petit frère mort et se débat entre fidélité au passé et possibilité de revivre. Le film a été réduit à son statut de romance surnaturelle lisse pour public adolescent, ce qui est un peu court. Zac Efron, souvent traité comme simple carrosserie de star teen, y apporte une sincérité étonnamment nue ; Kim Basinger, même brièvement, donne une gravité utile ; Burr Steers, après Igby Goes Down, sait filmer le deuil non comme une thèse mais comme une viscosité affective. La mer, les bateaux, le soleil, les cimetières bien tenus : tout cela pourrait être insupportable, mais le film assume son sentimental sans se cacher.

2010 est aussi l’année du sauvetage des mineurs chiliens, événement mondial où le rapport entre survie, attente, suspension du temps et miracle médiatique est partout. Charlie St. Cloud baigne lui aussi dans cette logique de suspension : des vivants coincés dans l’entre-deux, incapables de décider s’il faut remonter ou rester avec les fantômes. L’analogie est un peu forcée, donc assez productive.

Le film ne brille pas par son mordant, très bien. Il avance avec une douceur presque embarrassée, comme s’il savait que l’époque ne pardonne plus les grandes émotions franches. Moi, je lui sais gré de continuer malgré tout à croire aux revenants sentimentaux. C’est peut-être naïf. C’est aussi presque courageux.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un bateau de régate miniature aurait refusé d’entrer en scène après avoir “considéré le deuil comme insuffisamment compatible avec l’esprit de compétition nautique”.